Les activités du Centre des Migrants
Me revoilà. Quelques niouzes rapides avant de vous parler un peu du Centre des Migrants. Après avoir mis du temps pour trouver une adapteur pour brancher mon portable, j'ai flingué ma clé USB cette semaine. Décidément, la technologie et moi, ça fait deux. Du coup, c'est encore moins facile de mettre à profit convenablement mes rares et brefs passages sur Internet pendant la semaine.
Au foyer, la cohabitation avec Johnny s'arrange. On échange un peu plus que les "bonjour", "bonsoir", "ta journée s'est bien passée ?" et autres "à plus". Les conversations se font un peu plus longue. Mais il continue à me vouvoyer. C'est une habitude qu'ils ont ici parce qu'ils apprennent le français avec leur prof à l'école, mais d'habitude, quand je leur dis, ils passent rapidement au tutoyement. Avec Johnny, c'est un peu plus long. Vous avez dit "obtus" ?
Pendant la semaine, j'ai entre autres assisté à une conférence sur le colonialisme et l'impérialisme. Intéressant mais l'illustre orateur qui nous venait directement du Collège de France se perdait un peu dans ses concepts. Il prétextait un manque de temps pour tout développer. En conclusion, il a dit que tout était dans son dernier bouquin. En sortant, je me suis retrouvé nez-à-nez avec un étallage de ses derniers livres. Le conférencier, lui, était déjà en train de les dédicacer. Ils sont malins au Collège de France !
Sinon, petite soirée très sympa avec de nouvelles connaissances, à l'occasion de la finale de Coupe d'Europe. Et oui, c'était du football. Ca faisait des années que j'avais pas vu un match. Mais avec la Coupe du Monde qui approche, faut se remettre au goût du jour. Tout le monde ici attend l'événement avec impatience. L'équipe nationale ne sera pas en Allemagne mais qu'importe, on se choisit d'autres équipes à supporter : Brésil, Allemagne, Espagne ou Italie. Et la France ? Bah non. Mais ne voyez aucun lien entre la raison de ce choix et le sujet de la conférence sus-mentionnée.
Pour ouvrir et clore immédiatement la rubrique Banalités, pour ceux que ça intéresse, sachez que les Biskrems bi-goût sont aussi disponibles dans tous les meilleurs points de vente. Ils ont vraiment une stratégie marketing très agressive, pour le plus grand bonheur des amateurs.
Côté boulot, ça avance. J'ai reçu l'autorisation de réfléchir. Je me lance donc dans la rédaction du rapport annuel d'activités du Centre des Migrants. L'occasion de faire connaissance approfondie avec toutes les thématiques traitées par le Centre et plus généralement sur la situation au Liban. J'ai plein d'idées. Je suis content d'être un peu stimulé. Le seul hic, c'est toujours l'ordinateur qu'on partage à sept. Alors, quand je ne peux pas travailler, je me rabbats sur un vieux bouzin qui n'est pas connecté au réseau interne (donc pas accès à mes documents). Et là, j'ai redécouvert les jeux Windows de l'âge de pierre de l'ère informatique : flipper, freecell et autres spider solitaire. Je dois dire que je deviens assez performant. On fait même des tournois avec un de mes potes stagiaires. Ca aussi, c'est très stimulant !
Revenons un peu aux activités plus sérieuses du Centre des Migrants. Je vais essayer de faire preuve de clareté dans mes explications et surtout de montrer le concret de la chose. En gros je diviserai leur action en deux catégories : 1. Protection des droits des travailleurs migrants, des réfugiés et des demandeurs d'asile et 2. Promotion des droits de l'Homme.
D'abord, qu'est-ce qu'un travailleur migrant ? L'expression "travailleurs migrants" désigne les personnes qui vont exercer, exercent ou ont exercé une activité rémunérée dans un Etat dont elles ne sont pas ressortissantes (définition du droit international). Un réfugié, c'est quelqu'un qui a fui son pays par crainte de persécution, liée à sa religion, son origine sociale, ses opinions politiques, etc. (définition du droit international, mais là, j'ai fait court). Enfin, un demandeur d'asile, c'est une personne qui souhaite s'installer dans un pays en étant reconnu réfugié.
Cette catégorie de population vit souvent dans des conditions précaires. Le Centre des Migrants leur vient donc en aide à travers différents projets, en leur fournissant une aide juridique pour toutes les démarches administratives, juridiques, de reconnaissance du statut de réfugié ; une aide sociale, à travers la fourniture de colis alimentaire, d'un suivi par des assistantes sociales, scolarisations des enfants ; et une aide médicale, prise en charge des médicaments, des consultations médicales, des hospitalisations.
En plus de ça, le Centre assure aussi un suivi social, médical et juridique des personnes qui croupissent en prison du fait de leur situation irrégulière. Il les aide dans leurs démarches. Pour certains, une aide au rapatriement est proposée.
Enfin, la dernière catégorie de personnes vulnérables sont les employées domestiques. Certaines sont en effet victimes d'exploitation, dans le cadre de trafic d'êtres humains. Certaines sont victimes d'abus en tous genre, physiques, sexuels ou moral, sont intégrés dans des réseaux de prostitution, etc. Celles qui s'enfuient peuvent trouver refuge et réconfort dans une maison tenue par le Centre des Migrants. En même temps, on leur offre une aide, encore une fois sociale et juridique pour que la lumière soit faite sur les abus qu'elles ont subis.
Voilà à peu près pour ce qui est de la protection des droits de ces personnes. Le Centre des Migrants fait aussi oeuvre de sensibilisation. En effet, dans l'esprit de beaucoup (pas tous, fort heureusement !) ces personnes migrantes, réfugiées ou demandeuses d'asile qui viennent de Palestine, du Soudan, du Sri Lanka, d'Irak, d'Ethiopie ou encore des Philippines, sont considérées comme des citoyens de seconde zone. Certes, ils n'ont pas la nationalité donc ils n'ont pas tous les droits civils et politiques dont peut jouir tout Libanais (par exemple, droit de vote mais aussi liberté de travailler dans n'importe quelle profession). Mais à côté de cela, leur vulnérabilité peut être accentuée par le peu de scupules d'un employeur. Un petit nombre d'entre eux se transforment en véritables exploitants, à la limite de l'esclavagisme. Ils sont peu nombreux mais il faut prévenir ce genre de comportement par de la sensibilisation.
Donc plusieurs projets visent à aller dans les écoles, faire des conférences, organiser des séminaires, diffuser des vidéos, rassembler des groupes d'échange, etc..., dans le but de faire prendre conscience au grand public de ce problème et de faire comprendre que de tels actes d'exploitation sont prohibés. Il y a aussi des programmes d'éducation à la paix dans les écoles et les universités, où des sessions de sensibilisation sont organisées. Les thèmes abordés sont principalement l'acceptation de l'autre et des différences, la résolution de conflits, la réduction des préjugés, l'édification de la paix, etc. En parallèle de cette sensibilisation du grand public, les bénéficiaires de l'aide (migrants et réfugiés) sont aussi avertis de leurs droits et devoirs en tant qu'employé et en tant que personne étrangère sur le sol libanais.
Pour terminer, quelques projets que je ne peux classer ni dans le cadre de la protection ni dans le cadre de la promotion. Ce sont surtout des activités sociales, comme des colonies de vacances multiculturelles rassemblant des enfants de plusieurs nationalités. On apprend à vivre ensemble. Ou des activités sociales à destination de personnes âgées réfugiées des camps palestiniens : sorties, discussions, activités manuelles ou intellectuelles.
Encore une fois, sur le sujet, il y a beaucoup à dire. J'espère que la majorité d'entre vous auront lu jusqu'à ce dernier paragraphe, et que vous reviendrez ! Je sais que c'est un peu long et que vous ne lisez pas forcément tout, mais c'est pour moi une manière aussi de parler un peu des sujets qui me touchent. Faire de la sensibilisation, c'est aussi faire progresser le respect des droits de l'Homme.
Au foyer, la cohabitation avec Johnny s'arrange. On échange un peu plus que les "bonjour", "bonsoir", "ta journée s'est bien passée ?" et autres "à plus". Les conversations se font un peu plus longue. Mais il continue à me vouvoyer. C'est une habitude qu'ils ont ici parce qu'ils apprennent le français avec leur prof à l'école, mais d'habitude, quand je leur dis, ils passent rapidement au tutoyement. Avec Johnny, c'est un peu plus long. Vous avez dit "obtus" ?
Pendant la semaine, j'ai entre autres assisté à une conférence sur le colonialisme et l'impérialisme. Intéressant mais l'illustre orateur qui nous venait directement du Collège de France se perdait un peu dans ses concepts. Il prétextait un manque de temps pour tout développer. En conclusion, il a dit que tout était dans son dernier bouquin. En sortant, je me suis retrouvé nez-à-nez avec un étallage de ses derniers livres. Le conférencier, lui, était déjà en train de les dédicacer. Ils sont malins au Collège de France !
Sinon, petite soirée très sympa avec de nouvelles connaissances, à l'occasion de la finale de Coupe d'Europe. Et oui, c'était du football. Ca faisait des années que j'avais pas vu un match. Mais avec la Coupe du Monde qui approche, faut se remettre au goût du jour. Tout le monde ici attend l'événement avec impatience. L'équipe nationale ne sera pas en Allemagne mais qu'importe, on se choisit d'autres équipes à supporter : Brésil, Allemagne, Espagne ou Italie. Et la France ? Bah non. Mais ne voyez aucun lien entre la raison de ce choix et le sujet de la conférence sus-mentionnée.
Pour ouvrir et clore immédiatement la rubrique Banalités, pour ceux que ça intéresse, sachez que les Biskrems bi-goût sont aussi disponibles dans tous les meilleurs points de vente. Ils ont vraiment une stratégie marketing très agressive, pour le plus grand bonheur des amateurs.
Côté boulot, ça avance. J'ai reçu l'autorisation de réfléchir. Je me lance donc dans la rédaction du rapport annuel d'activités du Centre des Migrants. L'occasion de faire connaissance approfondie avec toutes les thématiques traitées par le Centre et plus généralement sur la situation au Liban. J'ai plein d'idées. Je suis content d'être un peu stimulé. Le seul hic, c'est toujours l'ordinateur qu'on partage à sept. Alors, quand je ne peux pas travailler, je me rabbats sur un vieux bouzin qui n'est pas connecté au réseau interne (donc pas accès à mes documents). Et là, j'ai redécouvert les jeux Windows de l'âge de pierre de l'ère informatique : flipper, freecell et autres spider solitaire. Je dois dire que je deviens assez performant. On fait même des tournois avec un de mes potes stagiaires. Ca aussi, c'est très stimulant !
Revenons un peu aux activités plus sérieuses du Centre des Migrants. Je vais essayer de faire preuve de clareté dans mes explications et surtout de montrer le concret de la chose. En gros je diviserai leur action en deux catégories : 1. Protection des droits des travailleurs migrants, des réfugiés et des demandeurs d'asile et 2. Promotion des droits de l'Homme.
D'abord, qu'est-ce qu'un travailleur migrant ? L'expression "travailleurs migrants" désigne les personnes qui vont exercer, exercent ou ont exercé une activité rémunérée dans un Etat dont elles ne sont pas ressortissantes (définition du droit international). Un réfugié, c'est quelqu'un qui a fui son pays par crainte de persécution, liée à sa religion, son origine sociale, ses opinions politiques, etc. (définition du droit international, mais là, j'ai fait court). Enfin, un demandeur d'asile, c'est une personne qui souhaite s'installer dans un pays en étant reconnu réfugié.
Cette catégorie de population vit souvent dans des conditions précaires. Le Centre des Migrants leur vient donc en aide à travers différents projets, en leur fournissant une aide juridique pour toutes les démarches administratives, juridiques, de reconnaissance du statut de réfugié ; une aide sociale, à travers la fourniture de colis alimentaire, d'un suivi par des assistantes sociales, scolarisations des enfants ; et une aide médicale, prise en charge des médicaments, des consultations médicales, des hospitalisations.
En plus de ça, le Centre assure aussi un suivi social, médical et juridique des personnes qui croupissent en prison du fait de leur situation irrégulière. Il les aide dans leurs démarches. Pour certains, une aide au rapatriement est proposée.
Enfin, la dernière catégorie de personnes vulnérables sont les employées domestiques. Certaines sont en effet victimes d'exploitation, dans le cadre de trafic d'êtres humains. Certaines sont victimes d'abus en tous genre, physiques, sexuels ou moral, sont intégrés dans des réseaux de prostitution, etc. Celles qui s'enfuient peuvent trouver refuge et réconfort dans une maison tenue par le Centre des Migrants. En même temps, on leur offre une aide, encore une fois sociale et juridique pour que la lumière soit faite sur les abus qu'elles ont subis.
Voilà à peu près pour ce qui est de la protection des droits de ces personnes. Le Centre des Migrants fait aussi oeuvre de sensibilisation. En effet, dans l'esprit de beaucoup (pas tous, fort heureusement !) ces personnes migrantes, réfugiées ou demandeuses d'asile qui viennent de Palestine, du Soudan, du Sri Lanka, d'Irak, d'Ethiopie ou encore des Philippines, sont considérées comme des citoyens de seconde zone. Certes, ils n'ont pas la nationalité donc ils n'ont pas tous les droits civils et politiques dont peut jouir tout Libanais (par exemple, droit de vote mais aussi liberté de travailler dans n'importe quelle profession). Mais à côté de cela, leur vulnérabilité peut être accentuée par le peu de scupules d'un employeur. Un petit nombre d'entre eux se transforment en véritables exploitants, à la limite de l'esclavagisme. Ils sont peu nombreux mais il faut prévenir ce genre de comportement par de la sensibilisation.
Donc plusieurs projets visent à aller dans les écoles, faire des conférences, organiser des séminaires, diffuser des vidéos, rassembler des groupes d'échange, etc..., dans le but de faire prendre conscience au grand public de ce problème et de faire comprendre que de tels actes d'exploitation sont prohibés. Il y a aussi des programmes d'éducation à la paix dans les écoles et les universités, où des sessions de sensibilisation sont organisées. Les thèmes abordés sont principalement l'acceptation de l'autre et des différences, la résolution de conflits, la réduction des préjugés, l'édification de la paix, etc. En parallèle de cette sensibilisation du grand public, les bénéficiaires de l'aide (migrants et réfugiés) sont aussi avertis de leurs droits et devoirs en tant qu'employé et en tant que personne étrangère sur le sol libanais.
Pour terminer, quelques projets que je ne peux classer ni dans le cadre de la protection ni dans le cadre de la promotion. Ce sont surtout des activités sociales, comme des colonies de vacances multiculturelles rassemblant des enfants de plusieurs nationalités. On apprend à vivre ensemble. Ou des activités sociales à destination de personnes âgées réfugiées des camps palestiniens : sorties, discussions, activités manuelles ou intellectuelles.
Encore une fois, sur le sujet, il y a beaucoup à dire. J'espère que la majorité d'entre vous auront lu jusqu'à ce dernier paragraphe, et que vous reviendrez ! Je sais que c'est un peu long et que vous ne lisez pas forcément tout, mais c'est pour moi une manière aussi de parler un peu des sujets qui me touchent. Faire de la sensibilisation, c'est aussi faire progresser le respect des droits de l'Homme.

3 Comments:
Coucou mon poulet libanais,
Merci pour ton gentil comment sur mon blog, ca m a fait bien plaisir...
Ton stage semble prendre une tournure interessante, c est cool. Tu crois que la redaction de ce rapport va t oqper pdt 6 mois?
Et l arabe, ca avance?
En ce qui concerne FI, c est plutot un stage mais remunere a raison de 500 euros par mois + accomodations + per diem. Donc en gros 500 euros d argent de poche!
En fait je n avais pas deposer de candidature officielle mais simplement envoyer un mail pour obtenir des infos sur le stage avec en piece jointe mon cv au cas ou... c etait pdt les partiels du second semestre et personne ne m avait repondu jusqua y a 10 jours.
Voila, send photos au moins pour voir ou tu vis, les rues et tout!
T embrasse bien fort et pense a toi!
Julie
Heureusement que t'es là pour des mails informatifs mon Nico parce que nous c'est plus photos et blagues!!
Ca a l air de bien se passer pour toi a part Jojoh mais ne le brusque pas!
J avais oublié que tu restais six mois... ca va etre dur de se passer de ton rire si longtemps!
promis, je gave mon blog de photos made in NY des que possible, alors vas y faire un tour bientôt!
Plein de gros bisous
PS : peux tu mettre le site de Sego en lien sur le mien stp ?
oceane
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