20 avril 2006

Il y a plusieurs Liban

« Il n’y a pas un mais plusieurs Liban ». Ce n’est pas de moi. Mardi, j’ai assisté à une conférence d’un prof. Malheureusement je n’ai pas tout compris parce que c’était en arabe mais ça avait l’air passionnant. Il parlait de géopolitique, de la Ligue des États arabes, du Moyen-Orient, de la tentation d’arabisation de la région, … Et j’ai retenu cette phrase, qu’il a glissée (en français dans le texte). Et j’ai envie de partir de ça pour ce message du jour.
Hier, on quitte donc la région de Beyrouth pour Ehden, au Nord, vers Tripoli. On est rentre plus à l’intérieur des terres, ce qui signifie au Liban de monter en altitude. L’étape du jour nous est proposée par Franco. Après Camille dans le Chouf, il va nous faire découvrir sa région. On est sept pour cette virée de 24 heures : Serj, Élie, Alain, Franco, Danny, Chadi et moi.

On s’arrête d’abord dans un monastère, au fond d’une vallée, accroché au flan de la montagne. Il abrite des moines, dont deux vivent complètement en ermite. L’église n’a qu’une façade extérieure, le reste est creusé dans la montagne. On fait un petit tour des lieux.

Plus tard, une discussion s’engage avec un des moines qui passaient par là. Ils discutent surtout religion. Je demande des traductions de temps en temps pour essayer de suivre. Le moine finit par nous inviter à l’intérieur pour poursuivre l’échange autour d’un verre de vin cuit et de … maamouls ! L’ambiance au monastère est paisible ; une vallée toute de verdure et sans bruits urbains. Rien à voir avec le brouhaha permanent à Beyrouth. Les paysages aussi sont dépaysants (je sais, ça fait un peu pléonasme mais tant pis). Des montagnes tout autour, de la verdure beaucoup, des routes qui serpentent d’une vallée à l’autre.

On repart. J’ai l’impression qu’on n’en finit pas de monter. On arrive à Ehden. Petite ville bien sereine parce qu’encore hors-saison. L’été, c’est l’enfer il paraît. On mange un morceau. Et on se dirige après vers le point culminant des alentours. Petit repère, on est à 1.500 mètres d’altitude, à 25 km de la mer à vol d’oiseau. Malheureusement, la nuit est tombée donc on ne voit pas grand-chose, si ce ne sont ces milliers de petites lumières dans la vallée, jusqu’à Tripoli.
On arrive chez Franco. Petite soirée entre amis, comme beaucoup en ont déjà fait. On rigole, on joue, on boit un peu. Première cigarette depuis trois semaines. Comme d’hab’, on passe toujours un bon moment tous ensemble. Sans comprendre mot à mot, j’arrive à suivre les sujets de conversations. Je ne dirais pas que je fais de gros progrès en arabe mais on va dire qu’il y a des trucs qui commencent à rentrer. C’est pas évident parce qu’il n’existe pas de livre pour apprendre seul le libanais. Il y en a pour apprendre l’arabe mais c’est la langue de l’écrit : l’arabe littéraire. Les langues qu’on parle dans les pays arabes sont des dialectes dérivés de l’arabe littéraire : le libanais, le tunisien, le saoudien, le marocain, l’égyptien, … Je sens qu’un petit topo-langue va s’imposer d’ici peu.


Et puis, on est reparti à midi en prenant notre temps. Petit crochet par Tripoli. C’est à 80 km de Beyrouth mais là encore pas grand-chose à voir avec la capitale. Une autre facette du pays. Ville importante d’une région à majorité musulmane. Franco m’avait prévenu que c’était pauvre, sale, … Et à première vue, c’était vrai. Il a tout de même eu l’honnêteté de me dire qu’on n’était pas passé par les meilleurs endroits.
La découverte continue. Ce week-end, ce sera la Bekaa. Plaine de l’autre côté des Monts Liban, séparée de la Syrie par une autre chaîne de montagne, les Monts Anti-Liban. En particulier, on visitera Baalbeck. Et encore à venir, sûrement une virée dans le Sud, dont sont originaires certains, et qui prennent goût à cette découverte de régions.

1 Comments:

At 21 juillet, 2006 03:28, Anonymous Anonyme said...

Looks nice! Awesome content. Good job guys.
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