30 mai 2006

Deux mois déjà

J'ai comme l'impression que le temps passe plus vite au bord de la Mediterranee. C'est pareil en Tunisie ? En tout cas, message oblige aujourd'hui pour feter ces deux mois de presence plus qu'agreable au pays des Cedres.
Je ne me risquerai pas a reprendre la liste de tout ce que j'enumerai apres mon premier mois. Mais on peut quand meme faire un petit bilan, evaluer les objectifs, capitaliser l'experience, ..., en bon gestionnaire de projet !
Ce fut un deuxieme mois bien different du premier. Boulot vs. Vacances. Beyrouth vs. Tabarja en bord de mer. Johnny vs. Serj. Y a pas photo, c'etait bien different ! En meme temps, j'ai appris a connaitre un peu plus une organisation humanitaire, une problematique, de nouveaux horizons.
J'ai pu apprecier d'autant plus les week-ends avec mes potes du mois d'avril que je passe des soirees tres tres tranquilles pendant la semaine. C'est un peu plus la routine mais je m'y suis fait. Une petite vie tranquille. J'ai le temps de lire pendant la semaine, me documenter, me reposer un peu de la chaleur etouffante d'humidite. Et le week-end, je change d'air, je vois un peu plus de monde. Ca me va tres bien.
Pour terminer, la nouvelle du jour. J'ai annonce a ma responsable que je partirai a la fin de la semaine si je n'avais toujours pas les moyens de faire mon boulot ou si on ne trouvait pas d'alternative. Je lui ai explique tres calmement qu'il me restait quatre mois et que j'avais la ferme intention de bien les remplir. Elle a compris que je ne voulais pas simplement etre "occupe" meme si je sais qu'il y a des tonnes de petites taches a faire qui peuvent aider grandement les assistantes sociales. Mais ce n'est pas l'objectif d'un stage. Elle m'a demande d'attendre au moins la fin de la semaine pour qu'elle en parle a la big boss (qui est en convalescence) qui est d'ailleurs ma responsable de stage sur le papier mais que je n'ai jamais rencontree.
Voila. Un tiers de mon sejour est derriere moi. Il m'en reste encore deux, forcement ! La vie suit son cours. J'espere que tout va bien aussi chez vous. A tres vite pour de nouvelles histoires illustrees !

28 mai 2006

C'était bref mais intense

A ceux qui ont pu profiter de ce week-end de l'Ascencion, je n'ai pas grand chose à envier. Même si ce ne fut pas un week-end prolongé, le mien fut bien rempli.
Vendredi soir, c'était retrouvailles hebdomaires avec mes potes de week-end. Resto à une petite dizaine, en altitude pour chercher la fraîcheur et s'éloigner un peu du tumulte citadin.
Samedi matin, Internet pour essayer de rattraper mes retards. Puis ce fut après-midi piscine en bord de mer. J'avais oublié mon maillot donc ça a été plutôt séance bronzage avec discussion sur la psychologie humaine dans l'entreprise avec un pote de Serj que je ne connaissais pas encore. Très intéressant. Enfin, samedi soir, soirée entre amis en centre-ville.
Et aujourd'hui, le clou du week-end. Un pique-nique avec la famille de Serj : parents, oncles, tantes, cousins, grands-parents... C'était dans le Mont-Liban, en altitude, au vert, au calme. Très belle journée, beaucoup rigolé, évidemment bien mangé. Même en pique-nique, les détails culinaires ne sont laissés ni au hasard ni à l'improvisation. Tout était là, comme à la maison. Le cadre et le nombre de personnes présentes étant la seule vraie variable. Les avantages sans les inconvénients. Bien pensé, hein !
Quelques images. Cette fois, je crois que vous pourrez vous passer de commentaires. La première, c'est là où on s'était installé.

Voilà. Pas de prise de tête ce week-end. Demain, on retourne au boulot ! Et il faudra peut-être que je vous parle un peu de la situation des migrants au Liban. Si j'oublie, faites-y moi penser... si ça vous intéresse !

27 mai 2006

Journée des Migrants

Comme prévu, un petit récit de la Journée des Migrants qui s’est tenue dimanche dernier. Elle était en partie organisée par Caritas Liban – Centre des Migrants. Il s’agissait de rassembler les migrants pour une journée, comme son nom l’indique. En fait le programme a été rythmé par des spectacles et des célébrations. L’organisation de la journée étant à la charge d’organismes chrétiens, une place importante à la spiritualité était faite. Une messe a clos cette journée tandis que des prières des différentes délégations présentes étaient faites, dans leur propre rite.
Tous les migrants étaient appelés à se rassembler au Patriarcat maronite du Liban, situé à Bkerké, non loin de Tabarja, au Nord de Beyrouth. Vous verrez donc sur les photos que la manifestation avait lieu dans la basilique même du patriarcat.

A cette journée, ont participé beaucoup de Sri Lankais, Philippins, Éthiopiens, Soudanais. C’était, à première vue, les trois délégations les plus importantes. Mais il y avait également des Ghanéens, des Indiens, et bien d’autres pays d’Afrique et d’Asie.
J’ai été un peu surpris de ne pas voir de Syriens, d’Égyptiens, de Jordaniens ou de migrants des pays du Golfe. Aucune des explications qu’on ait pu me donner ne m’a satisfait. Je pencherai personnellement pour la raison religieuse. Cette journée était clairement sous les auspices de l’Église ; il est alors normal que peu de Musulmans y prennent part.
Donc, après des prières de différents rites religieux (ci-dessus une prière boudhiste), on a assisté à une série de mini-spectacles, principalement centrés autour d’une danse en costume traditionnel, sur les rythmes locaux. C’était très bien préparé, bien amené et peu de place était laissé à l’improvisation. Du coup, ça s’enchaînait très bien, avec beaucoup de rythme. C’était amusant de voir la différence entre les différentes cultures. Les danses africaines sont beaucoup plus rythmées et mouvementées que la musique et la danse d’Asie du Sud-Est (Sri Lanka, Inde, Philippines, …).
Beaucoup des travailleurs sociaux du Centre des Migrants étaient là puisqu’ils suivent au quotidien une partie des migrants qui étaient là dimanche dernier. C’était l’occasion de les voir en dehors du contexte strict du bureau.
De tous les voir souriant, habillés de mille couleurs, en transe sur leur musique nationale fait oublier les conditions parfois difficiles dans lesquelles ils vivent au quotidien.
Voilà à peu près pour la journée. Place aux photos restantes maintenant.
L'arrivée de la délégation éthiopienne.
Ici, les Ghanéens.
Là, la danse guerrière des Soudanais.
Plus calme, le chant des Philippines.
Avant de rebouger avec le Burkina Faso.
Des Burkinabées avec mes collègues de bureau (de gauche à droite : Dora, Carine, Majida et Betty).
Et ici avec les Sri Lankaises, après leur danse envoûtante.
L'équipe du Centre des Migrants qui était là ce dimanche. Comme vous voyez, pas mal de filles !

24 mai 2006

Mission possible 3

J'ai pas forcement les moyens de bien travailler mais ca ne m'empeche pas d'avoir des idees. A voir si le Centre des Migrants veut vraiment tirer profit de ma presence.
Apres le rapport annuel que j'essaye tant bien que mal de faire avancer quand l'ordinateur est disponible, j'ai pense a une petite recherche sur ce qui se fait dans d'autres pays qui font aussi face au probleme des travailleurs migrants. Ce pourrait etre source d'idees pour de nouveaux projets mais aussi une facon de voir comment ils font pression sur leurs gouvernements respectifs pour faire adopter des legislations protegeants mieux cette population. Affaire a suivre puisque ... je dois obtenir l'autorisation ! Et surtout les moyens de le faire, en particulier un acces a Internet.
Sinon, la troisieme idee (d'ou le titre !) ce serait une participation au programme qu'ils ont par rapport aux etrangers emprisonnes du fait de leur situation irreguliere. Ca me motive d'autant plus que j'ai rencontre hier la responsable et qu'en discutant avec elle, elle m'a demande qu'on se voit plus longuement pour qu'on voit ensemble ce que je pourrai leur apporter. C'est la premiere fois que j'entends ca au Centre. Pas tellement que ca flatte mon ego (je suis persuade qu'avec un Bac +5, on peut etre utile un minimum) mais surtout parce qu'elle a compris l'objectif d'un stage : a savoir que ce soit utile pour le stagiaire afin qu'il acquiert une experience mais aussi pour la structure qui accueille qui peut tirer profit des connaissances et du recul de la personne exterieure qu'est le stagiaire. La aussi affaire a suivre. Je la revois demain matin.
Probablement ce week-end, je vous ferai part de ma journee de dimanche dernier. C'etait la Journee nationale de Migrants. Photos a l'appui normalement.
Pour ceux qui ont la chance d'avoir un week-end prolonge en France, je vous le souhaite bon et ensoleille. Ici, ce n'est pas ferie. Mais ce doit etre pareil pour ceux qui sont en Inde, au Cameroun, en Tunisie, au Rwanda ou ailleurs. Bizzz a tous.

20 mai 2006

Les activités du Centre des Migrants

Me revoilà. Quelques niouzes rapides avant de vous parler un peu du Centre des Migrants. Après avoir mis du temps pour trouver une adapteur pour brancher mon portable, j'ai flingué ma clé USB cette semaine. Décidément, la technologie et moi, ça fait deux. Du coup, c'est encore moins facile de mettre à profit convenablement mes rares et brefs passages sur Internet pendant la semaine.
Au foyer, la cohabitation avec Johnny s'arrange. On échange un peu plus que les "bonjour", "bonsoir", "ta journée s'est bien passée ?" et autres "à plus". Les conversations se font un peu plus longue. Mais il continue à me vouvoyer. C'est une habitude qu'ils ont ici parce qu'ils apprennent le français avec leur prof à l'école, mais d'habitude, quand je leur dis, ils passent rapidement au tutoyement. Avec Johnny, c'est un peu plus long. Vous avez dit "obtus" ?
Pendant la semaine, j'ai entre autres assisté à une conférence sur le colonialisme et l'impérialisme. Intéressant mais l'illustre orateur qui nous venait directement du Collège de France se perdait un peu dans ses concepts. Il prétextait un manque de temps pour tout développer. En conclusion, il a dit que tout était dans son dernier bouquin. En sortant, je me suis retrouvé nez-à-nez avec un étallage de ses derniers livres. Le conférencier, lui, était déjà en train de les dédicacer. Ils sont malins au Collège de France !
Sinon, petite soirée très sympa avec de nouvelles connaissances, à l'occasion de la finale de Coupe d'Europe. Et oui, c'était du football. Ca faisait des années que j'avais pas vu un match. Mais avec la Coupe du Monde qui approche, faut se remettre au goût du jour. Tout le monde ici attend l'événement avec impatience. L'équipe nationale ne sera pas en Allemagne mais qu'importe, on se choisit d'autres équipes à supporter : Brésil, Allemagne, Espagne ou Italie. Et la France ? Bah non. Mais ne voyez aucun lien entre la raison de ce choix et le sujet de la conférence sus-mentionnée.
Pour ouvrir et clore immédiatement la rubrique Banalités, pour ceux que ça intéresse, sachez que les Biskrems bi-goût sont aussi disponibles dans tous les meilleurs points de vente. Ils ont vraiment une stratégie marketing très agressive, pour le plus grand bonheur des amateurs.
Côté boulot, ça avance. J'ai reçu l'autorisation de réfléchir. Je me lance donc dans la rédaction du rapport annuel d'activités du Centre des Migrants. L'occasion de faire connaissance approfondie avec toutes les thématiques traitées par le Centre et plus généralement sur la situation au Liban. J'ai plein d'idées. Je suis content d'être un peu stimulé. Le seul hic, c'est toujours l'ordinateur qu'on partage à sept. Alors, quand je ne peux pas travailler, je me rabbats sur un vieux bouzin qui n'est pas connecté au réseau interne (donc pas accès à mes documents). Et là, j'ai redécouvert les jeux Windows de l'âge de pierre de l'ère informatique : flipper, freecell et autres spider solitaire. Je dois dire que je deviens assez performant. On fait même des tournois avec un de mes potes stagiaires. Ca aussi, c'est très stimulant !
Revenons un peu aux activités plus sérieuses du Centre des Migrants. Je vais essayer de faire preuve de clareté dans mes explications et surtout de montrer le concret de la chose. En gros je diviserai leur action en deux catégories : 1. Protection des droits des travailleurs migrants, des réfugiés et des demandeurs d'asile et 2. Promotion des droits de l'Homme.
D'abord, qu'est-ce qu'un travailleur migrant ? L'expression "travailleurs migrants" désigne les personnes qui vont exercer, exercent ou ont exercé une activité rémunérée dans un Etat dont elles ne sont pas ressortissantes (définition du droit international). Un réfugié, c'est quelqu'un qui a fui son pays par crainte de persécution, liée à sa religion, son origine sociale, ses opinions politiques, etc. (définition du droit international, mais là, j'ai fait court). Enfin, un demandeur d'asile, c'est une personne qui souhaite s'installer dans un pays en étant reconnu réfugié.
Cette catégorie de population vit souvent dans des conditions précaires. Le Centre des Migrants leur vient donc en aide à travers différents projets, en leur fournissant une aide juridique pour toutes les démarches administratives, juridiques, de reconnaissance du statut de réfugié ; une aide sociale, à travers la fourniture de colis alimentaire, d'un suivi par des assistantes sociales, scolarisations des enfants ; et une aide médicale, prise en charge des médicaments, des consultations médicales, des hospitalisations.
En plus de ça, le Centre assure aussi un suivi social, médical et juridique des personnes qui croupissent en prison du fait de leur situation irrégulière. Il les aide dans leurs démarches. Pour certains, une aide au rapatriement est proposée.
Enfin, la dernière catégorie de personnes vulnérables sont les employées domestiques. Certaines sont en effet victimes d'exploitation, dans le cadre de trafic d'êtres humains. Certaines sont victimes d'abus en tous genre, physiques, sexuels ou moral, sont intégrés dans des réseaux de prostitution, etc. Celles qui s'enfuient peuvent trouver refuge et réconfort dans une maison tenue par le Centre des Migrants. En même temps, on leur offre une aide, encore une fois sociale et juridique pour que la lumière soit faite sur les abus qu'elles ont subis.
Voilà à peu près pour ce qui est de la protection des droits de ces personnes. Le Centre des Migrants fait aussi oeuvre de sensibilisation. En effet, dans l'esprit de beaucoup (pas tous, fort heureusement !) ces personnes migrantes, réfugiées ou demandeuses d'asile qui viennent de Palestine, du Soudan, du Sri Lanka, d'Irak, d'Ethiopie ou encore des Philippines, sont considérées comme des citoyens de seconde zone. Certes, ils n'ont pas la nationalité donc ils n'ont pas tous les droits civils et politiques dont peut jouir tout Libanais (par exemple, droit de vote mais aussi liberté de travailler dans n'importe quelle profession). Mais à côté de cela, leur vulnérabilité peut être accentuée par le peu de scupules d'un employeur. Un petit nombre d'entre eux se transforment en véritables exploitants, à la limite de l'esclavagisme. Ils sont peu nombreux mais il faut prévenir ce genre de comportement par de la sensibilisation.
Donc plusieurs projets visent à aller dans les écoles, faire des conférences, organiser des séminaires, diffuser des vidéos, rassembler des groupes d'échange, etc..., dans le but de faire prendre conscience au grand public de ce problème et de faire comprendre que de tels actes d'exploitation sont prohibés. Il y a aussi des programmes d'éducation à la paix dans les écoles et les universités, où des sessions de sensibilisation sont organisées. Les thèmes abordés sont principalement l'acceptation de l'autre et des différences, la résolution de conflits, la réduction des préjugés, l'édification de la paix, etc. En parallèle de cette sensibilisation du grand public, les bénéficiaires de l'aide (migrants et réfugiés) sont aussi avertis de leurs droits et devoirs en tant qu'employé et en tant que personne étrangère sur le sol libanais.
Pour terminer, quelques projets que je ne peux classer ni dans le cadre de la protection ni dans le cadre de la promotion. Ce sont surtout des activités sociales, comme des colonies de vacances multiculturelles rassemblant des enfants de plusieurs nationalités. On apprend à vivre ensemble. Ou des activités sociales à destination de personnes âgées réfugiées des camps palestiniens : sorties, discussions, activités manuelles ou intellectuelles.
Encore une fois, sur le sujet, il y a beaucoup à dire. J'espère que la majorité d'entre vous auront lu jusqu'à ce dernier paragraphe, et que vous reviendrez ! Je sais que c'est un peu long et que vous ne lisez pas forcément tout, mais c'est pour moi une manière aussi de parler un peu des sujets qui me touchent. Faire de la sensibilisation, c'est aussi faire progresser le respect des droits de l'Homme.

14 mai 2006

La Lune est pleine

Coucou tout le monde. Je regardais la Lune hier soir, elle n'est pas loin d'être pleine. Ca m'a amusé aussi de penser que chacun de vous la voyait de la même façon que moi, où que vous soyez sur notre Terre.
Bon après le moment poésie, quelques nouvelles. Je me suis bien baladé hier après-midi à Beyrouth. Une promenade de plus de quatre heures à travers la ville. J'ai pris quelques photos, mais je ne les ai pas sur moi pour vous en faire profiter. Une autre fois. En tout cas, c'est une jolie ville. Tres cosmopolite, chaque quartier a sa spécificité. Un mélange d'ancien et de nouveau, de méditerranéen et d'occidental, de traces de la guerre et de chantiers gigantesques ...
Hier soir, j'ai rejoins Serj, Rita, Elie, Alain, Camille, Fadi et d'autres encore pour une soirée à Batroun, au même endroit qu'il y a six semaines, le week-end de mon arrivée. Super soirée, ça m'a fait du bien de me défouler sur une musique aux rythmes endiablées. Ca change de mes soirées pépères à bouquiner au foyer. On a fini par un petit déjeuner au lever du soleil. Retour à la maison à 6h30. Un très bon moment. J'étais super content de revoir tout ce petit monde et de partager un si bon moment avec eux.
Je passe la journée chez Serj et ses parents. Ils se sont inquiétés de me voir un peu plus maigre que lorsque j'étais chez eux. C'est sûr que niveau alimentation, c'est plus tout à fait pareil que la cuisine de la maman de Serj.
Au boulot, comme je l'indiquais en cours de semaine, ça s'arrange. J'espère que ça va durer. Je vous donnerai un petit aperçu des activités du Centre des Migrants dans le courant de la semaine prochaine. Ca vous permettra de mieux voir ce qu'ils font concrètement et puis peut-être de mieux comprendre ce qu'on peut faire dans le domaine des Droits de l'Homme parce que quand on a dit Droits de l'Homme, on n'a rien dit. Un peu de concret que diable !
En tout cas, merci à ceux qui m'ont contacté, j'essaye de répondre individuellement mais ce n'est pas évident. On fait avec les moyens du bord. Ca ne m'empêche pas de penser à vous. Bonne fin de week-end et bonne semaine à tous.

11 mai 2006

Du nouveau au boulot

Je reviens seulement aujourd'hui parce que non seulement je n'ai pas un acces aise a Internet mais en plus tous les cyber-cafes ne me permettent pas d'acceder a mon blog. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien.
Passons aux nouvelles rapidement, pour rassasier la soif d'information de mes collegues du bout du monde et de mes proches du bout de la France. Au boulot, ca se decante un peu. Je dois preparer le rapport annuel des activites du Centre des Migrants pour pouvoir l'inserer dans le rapport annuel global de Caritas Liban. Comme on est assez limite, je ne dois pas produire un rapport de plus de 2 ou 3 pages. J'ai donc demande de pouvoir en ecrire un autre plus complet, plus descriptif, uniquement sur le Centre des Migrants. Encore une fois il faut que l'idee fasse son chemin ; entendez par la qu'il faut qu'elle monte la hierarchie et qu'elle redescende. Mais bon, j'ai confiance. J'ai pas mal d'idee pour ce petit rapport.
J'avais eu l'idee de faire un documentaire pour presenter le Centre, ses activites, les thematiques qu'ils traitent, etc... pour d'une part sensibiliser le public mais aussi c'aurait ete un outil de communication pour lever des fonds par exemple. Tu vois Oce, notre discussion me trotte toujours dans la tete. Mais pour des questions budgetaires, ce ne sera pas possible. Du coup, l'idee de ce rapport pourrait remplacer la precedente et atteindre les memes objectifs. Ca ne m'occupera pas les cinq mois mais je pense que c'est un bon debut, ca me fera rencontrer un max de monde et faire pas mal de recherche sur la situation plus globale des travailleurs migrants et des demandeurs d'asile au Liban. Le seul hic, ce sera l'acces regulier a un ordinateur au Centre (c'est pas gagne !) et a Internet (encore moins gagne !!). Si ca marche je pourrais avoir du boulot pendant un bon bout de temps et surtout etre tres autonome dans ma facon de travailler, encore faut-il que j'ai les moyens pour le faire.
Sinon, du cote du terrain, comme jeudi dernier, je suis retourne dans une ecole pour une seance de sensibilisation aux Droits de l'Homme. Le theme de cette seance etait la resolution de conflit. Classe de 5e, tres reactifs, d'autant plus qu'ils sont un peu excites quand ils leur arrivent des etrangers. Mais c'etait genial.
Pour ce qui est de la rigidite de l'organisation, je suis toujours aussi surpris. Il faudra que je demande a mon indic (Serj, j'ai plein de questions pour ce we !) si c'est culturel ou si c'est lie essentiellement a la facon de fonctionner de Caritas.
Du cote du foyer, je peux pas encore dire que c'est l'eclat' tous les soirs. Johnny est aussi bavard qu'un poisson rouge endormi. Assez gentil mais un peu rustre et peu discret dans sa facon d'etre. Peu importe, je dors la nuit, c'est tout ce qui compte. Et puis, je n'ai besoin de personne pour lire tous les bouquins que j'ai apportes et finir de visionner mes DVD sur la guerre du Liban. Je bosse aussi mon arabe quand je rentre.
Pour ce qui est des a-cote, j'ai vu le film Munich mardi soir avec Serj et Elie. On est sorti unanimement d'accord sur la qualite de ce film. Pour ceux que ca interesse le conflit israelo-palestinien, en voici une partie infime. C'est sur la prise d'otage d'athletes israeliens pendant les JO de Munich en 1972 qui s'est finie en massacre. Le Mossad (services secrets israeliens) a traque tous les membres du gang responsable pour les eliminer un par un. Impressionnant, non par la brutalite mais par la maniere d'aborder la situation cote israelien. Tres instructif. Je pourrai en parler des heures mais c'est pas possible et c'est pas forcement le lieu.
A part ca, il fait toujours aussi beau. Mes trajets quotidiens me permettent de prendre quelques couleurs. Et vous, il fait beau a Paris, Lyon, Pondichery, Montreal, Budapest, Biarritz, ... ? J'espere que tout le monde va bien. Je continue a lire mes mails donc n'hesitez pas a envoyer des news. Et pour les autres bloggers, n'en mettez pas trop d'un coup, je peux pas tout lire !
Allez, a plus tard. Ce week-end sans doute, avec les accents !

06 mai 2006

Première semaine de stage

Comme vous l'avez peut-être lu dans le précédent message, cette première semaine a été un peu moins agréable à passer que celles que j'avais jusqu'alors vécues. Mais les choses vont s'arrangeant.
Pour reprendre au début, j'ai débarqué lundi soir dernier dans mon nouveau lieu de résidence. Il s'agit d'un foyer d'étudiants, à proximité de la fac de médecine de l'Université Saint-Joseph, en face de l'Ambassade de France. Là, j'y ai une chambre que je partage avec un certain Johnny, étudiant en médecine dentaire. Il est pas très bavard ; moi non plus. On ne se parle pas encore énormément. Rien à voir avec les moments que j'ai pu passer avec Serj. Je n'ai pas cherché à m'intégrer plus que ça dans ce foyer. Ca viendra. Pour le moment, je passe le plus de temps possible à l'extérieur. Ou quand j'y suis, je m'enferme dans ma chambre et je bouquine.
Côté stage, j'ai passé une semaine à rencontrer les différents responsables de projets. J'ai pu comprendre un peu plus leur action, poser plein de questions, me rendre compte du boulot qu'ils faisaient, des budgets qu'ils avaient, ... Super intéressant. J'ai aussi accompagné deux filles dans une école pour assister à une session de sensibilisation aux Droits de l'Homme. Là encore, j'ai beaucoup aimé. Pour ce qui est de mon boulot, il faudra attendre encore un peu. En début de semaine, j'ai demandé à rencontrer une des responsables pour qu'on discute ensemble de ce que je pourrai faire en fonction de mes compétences, de leurs besoins et de ce dont j'ai envie. J'ai encore une petite appréhension sur le contenu de notre conversation. J'espère qu'ils ont quand même pris le temps de réfléchir un minimum sur ce qu'ils voudraient me confier comme mission.
Pour tous les à-côtés. Je n'ai pas accès à Internet au boulot. Il va falloir que je m'adapte et que je trouve une solution alternative au cyber-café. Mine de rien, c'est difficile de vivre sans le net : pas de mail, pas de blog, pas de recherche, pas de nouvelles du monde. Je me rends compte de ma dépendance.
Sinon, je vais à pieds de mon foyer jusqu'à Caritas. Ca fait entre une demi-heure et trois quarts d'heure, suivant la facilité que j'ai de traverser les grosses artères. Du coup, je fais en moyenne une heure et demie de marche quotidienne et c'est pas mal. Ca me fait faire un bon exercice. Mes horaires sont 9h - 17h avec une pause d'une demi-heure entre 13h et 14h. C'est très surveillé. Le personnel est obligé de pointer. Personne ne dépasse les horaires : pas d'heures sup' et rares sont ceux qui obtiennent la permission de décaller leurs horaires. Un brin rigide comme organisation quand on ajoute à ça que tout est soumis à demande d'autorisation auprès de la hiérarchie.
Voilà pour cette semaine. Ce week-end, je le passe chez Serj. L'occasion de souffler, de me poser, de revoir du monde, de discuter, de surfer... Enfin, à ceux qui m'ont envoyé des mails, je tâche d'y répondre. Mais soyez indulgents si c'est avec un certain délai.
C'était un premier aperçu de cette semaine, j'ai certainement oublié des choses. Plus de détails par la suite et, j'espère, des photos.

03 mai 2006

Nouveau mode de vie

Ca y est. J'ai enfin une connexion a Internet pour donner quelques signes de vie. Malheureusement, elle est limitee donc je vais faire tres vite, laisser les accents pour une prochaine fois et surtout dire a ceux qui m'ont envoye des mails perso que je les ai bien recu mais que je ne peux pas leur repondre. Sauf si je regagne au Loto et que je peux m'offrir Internet illimite.
Niveau logement, c'est bien mais pas top, comme dirait l'autre. Je ne connais encore personne dans le foyer, ca viendra. Mais c'est un peu glauque malgre tout. Vivement la colocation dans deux mois.
Niveau boulot, je commence a rencontrer pas mal de monde a Caritas. Mais j'ai du mal a savoir s'ils ont une mission pour moi ou si c'est a moi de la definir. En tout cas, c'est encore bien flou. La aussi j'espere que ca va s'arranger.
Comme vous voyez, les vacances sont finies. Au boulot maintenant. Il faut que je m'adapte a mon nouveau mode de vie. A tres bientot. Mais je ne sais pas encore quand. Le plus vite possible j'espere.